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Médecine autochtone


et


pratiques de guérison autochtones










Tout clinicien doit reconnaître que chaque traitement a une composante culturelle, et affirmer que la médecine conventionnelle se fonde sur la science ne veut pas dire qu’elle n’est pas pour autant un produit d’une approche culturelle particulière.


Nous devons aussi reconnaître que ces fondements scientifiques ne comportent aucune garantie intrinsèque de qualité ou d’efficacité. Bien que nous vous enseignions l’importance de la médecine fondée sur les preuves, il existe nombre de thérapies pour lesquelles nous n’avons pas encore accumulé des preuves d’efficacité – faut-il alors écarter toutes les thérapies dont on n’a pas encore établi les preuves ?


Une suggestion consiste à aborder les choses avec un esprit ouvert mais curieux (qui remet les choses en question), mais non cynique (qui rejette et critique)


Voici quelques renseignements qui vous sensibiliseront à quelques pratiques de guérison autochtones courantes dont pourraient parler des patients autochtones que vous pourriez traiter. Vous devriez au moins comprendre de façon générale ce dont il s’agit.

  • La médecine autochtone comprend un grand nombre de remèdes traditionnels, dont beaucoup forment la base même de traitements pharmaceutiques qui font partie intégrante de la médecine conventionnelle.

  • Les approches traditionnelles à la guérison sont holistiques et tiennent compte des aspects physique, mental et spirituel de la personne. La médecine se distingue de la guérison, qui ne se limite pas au simple traitement de la maladie. Comme le souligne Donald Warne, il est plutôt ironique que les médecins modernes prétendent fournir des soins de santé quand en réalité ils traitent les maladies (Warne, D. « Traditional perspectives on child and family health », Paediatr Child Health, 10:542, 2005).


  • La relation de guérison repose sur une série de vertus : respect, humilité, compassion, honnêteté, vérité, partage, accueil et amour divin.


  • Les soins de santé autochtones traditionnels reconnaissent beaucoup plus de voies à la guérison que la médecine conventionnelle. On mentionne généralement sept voies : parler, pleurer, rire, danser, transpirer, bâiller et crier (pour ventiler ses émotions, plutôt que pour crier après quelqu’un).





















La roue médicinale


La roue médicinale symbolise l’interdépendance de toute vie, les divers cycles de la nature, et la circularité du parcours de la vie. Le chiffre quatre est sacré pour beaucoup de peuples autochtones de l’Amérique du Nord et peut représenter nombre de choses : les quatre saisons, les quatre composantes d’une personne (le physique, le mental, l’émotionnel et le spirituel); les quatre royaumes (animal, minéral, végétal et humain); les quatre remèdes sacrés (foin d’odeur, tabac, cèdre et sauge). Ainsi, vous verrez la roue médicinale représentée de plusieurs façons différentes :


(1) Les quatre points cardinaux, dont chacun a un esprit dirigeant, symbolisent les étapes du parcours d’une vie. L’est, direction de la naissance quotidienne du soleil, représente la naissance et les premières années d’une personne. Le sud porte sur l’enfance et la croissance intellectuelle. L’ouest symbolise l’âge adulte et l’introspection, tandis que le nord représente la vieillesse, la sagesse et les aspects spirituels de la vie. Le centre de la roue symbolise la Terre mère et le Créateur, et le rôle qu’ils jouent dans le début et la continuation de la vie.


Diagramme de la roue médicinale




http://www.webpanda.com/There/uot_directions-colors.htm

(2) Les quatre points cardinaux peuvent représenter l’équilibre entre les aspects spirituel (est), mental (nord), physique (ouest) et émotionnel (sud) de la santé.

(3) La roue peut également représenter les valeurs et les décisions. Ainsi, les valeurs (issues dans l’est, où le soleil se lève) influencent les décisions prises dans le domaine mental (qui relève du nord, vers le haut). Puis les décisions sont mises en œuvre dans le domaine physique (ouest), et les actions prises produisent des réactions dans le domaine émotionnel (sud). Finalement, ces réactions produisent une rétroaction au système des valeurs, ce qui complète le cercle valeur – action – évaluation.

(4) Les quadrants de la roue sont souvent colorés de rouge, jaune, noir, blanc ou vert.



Pour le guérisseur traditionnel, un déséquilibre (p. ex. la perte des valeurs traditionnelles, suite peut-être au vécu dans les pensionnats) peut influer sur les décisions en matière de santé (p. ex. mener à l’alcoolisme). Voici un article (en anglais) sur la roue médicinale appliquée à la guérison.


Les quatre remèdes sacrés


  • La plupart des peuples autochtones de l’Amérique du Nord se servent du foin d’odeur (le nord) pour la purification rituelle. Quand on marche sur du foin d’odeur, il se plie sans se briser. Ainsi, on l’associe à la vertu : on peut répondre à une injustice par une gentillesse, c’est-à-dire plier sans se briser.


  • La plupart des peuples autochtones considèrent le tabac (l’est) comme plante sacrée. Le tabac nous relie au monde des esprits; les prières sont transmises dans la fumée du tabac et emportées vers le monde des esprits. Si une requête est accompagnée d’une offre de tabac qui est acceptée, il faut honorer la promesse. Le tabac peut aussi servir pour remercier le Créateur de ses dons : si vous avez eu du beau temps, vous pouvez laisser du tabac sur la terre et dire merci pour ce don. Habituellement, on ne fume pas le tabac, sauf lors de cérémonies spéciales.

  • Le cèdre (le sud) sert à la purification et on le prend sous forme de thé pour attirer de l’énergie, des émotions et des sentiments positifs, et pour l’équilibre. Son contenu en vitamine C aidait à prévenir le scorbut quand les Autochtones n’avaient pas accès aux fruits et légumes pendant les mois d’hiver.


  • La sauge (l’ouest) est une médecine de femmes et confère la force, la sagesse et la clarté d’intention. C’est une médecine purifiante puissante qui éloigne les énergies négatives. On retrouve la sauge en forme de tresse suspendue dans la demeure des Autochtones, parfois attachée avec un ruban de l’une des couleurs de la roue médicinale. La tresse à trois brins représente le physique, le mental et le spirituel.


La fumigation


La « fumigation », c’est la fumée qui sert à la purification rituelle. La fumigation est une cérémonie traditionnelle pratiquée par certaines cultures autochtones pour purifier ou nettoyer l’énergie, les pensées ou les émotions négatives d’un lieu ou d’une personne. On brûle les remèdes ou herbes sacrées comme le cèdre, la sauge, le foin d’odeur ou le tabac dans une coquille d’ormier. La personne, à l’aide des mains, dirige la fumée vers son corps, surtout vers les parties qui ont besoin de guérison spirituelle (l’esprit, le cœur, le corps). L’odeur des plantes qui brûlent stimule peut-être le cerveau à produire des beta-endorphines qui favorisent les processus de guérison.


Les cercles de guérison


Ce sont des réunions qui ont pour but de guérir des blessures physiques, émotionnelles et spirituelles. On remet parfois à une personne qui désire parler un objet symbolique, souvent une plume d’aigle; on passe ensuite la plume à chaque personne dans le cercle qui désire parler. Ce sont parfois des shamans ou des guérisseurs qui dirigent ces cérémonies.


La suerie (la cabane à suer)


Il s’agit d’un sauna cérémonial et spirituel qui sert à la guérison et la purification. La cabane est faite d’une charpente en bois recouverte de couvertures ou de peaux, habituellement en forme d’igloo, environ 1,5 mètre de haut et assez large pour accueillir huit personnes qui s’assoient en cercle sur le sol. On dépose des pierres chaudes dans un trou peu profond au centre de la cabane. Un guérisseur verse de l’eau sur les pierres pour produire de la vapeur et les participants passent parfois une heure à transpirer dans la cabane. La suerie regroupe les quatre éléments : feu, eau, air et terre. Les offrandes, les prières et la vénération font partie des cérémonies. Parfois, une exposition excessive à la chaleur de la cabane peut entraîner des conséquences pour la santé; de plus, si les herbes exposées à des pesticides sont déposées sur les pierres, elles peuvent dégager des toxines.


La danse du soleil (aussi appelée danse de la pluie, danse de la soif, danse de la guérison)


C’est un rituel qui célèbre l’harmonie entre l’homme et la nature, et le dévouement spirituel. À ses débuts, la danse du soleil avait lieu au solstice d’été et représente la continuité entre la vie, la mort et la régénération. Le symbolisme comprend souvent le bison, sur lequel dépendaient les Indiens des Plaines; ainsi, l’animal était digne de vénération même s’ils devaient aussi le tuer. Quatre jours avant la cérémonie, les danseurs se préparent en se purifiant, parfois dans une suerie, en méditant et en recueillant les vêtements et articles rituels qui serviront à la danse. La danse du soleil proprement dite se déroule sur quatre autres jours et comprend généralement le tambour, la chanson et la danse, mais aussi le jeûne et, dans certains cas, la douleur auto-infligée. Ce geste symbolisait la renaissance et souvent la personne se perçait la peau pour y attacher des cordes qu’elle devait retirer en déchirant la peau. Cet élément a incité les gouvernements à supprimer la danse du soleil vers 1880, mais, depuis, la danse a repris.


La cérémonie du calumet


Le calumet est utilisé individuellement et en groupe pour la prière et les cérémonies. Les participants se réunissent en cercle. Une tresse de foin d'odeur est brûlée afin de purifier les lieux et les personnes présentes dans le but de rendre l'endroit sacré pour recevoir la visite des esprits. On fume du tabac ou du kinnickkinnick, un mélange traditionnel de raisin d'ours et d'herbes sauvages ou de copeaux de cornouiller, pour faire les prières au Grand Esprit ou pour implorer les esprits. On peut également fumer le calumet au cours d'autres réunions ou cérémonies. Lorsqu'on ne l'utilise pas, on sépare le fourneau et le manche que garde sur elle une seule personne, le porteur du calumet.


Le potlatch


Une fête cérémoniale organisée chez les Autochtones de la côte ouest pour marquer les événements d’importance pour la famille, comme le mariage ou la naissance. L’hôte distribue des présents selon le statut de chaque invité, ce qui renforce les relations hiérarchiques apparentes entre les groupes. Cette distribution devenait parfois compétitive, quand l’hôte donnait des biens personnels, convaincu que d’autres en feraient autant à leur tour. Une telle générosité rehaussait le prestige de l’hôte. Les missionnaires ont encouragé le gouvernement à interdire le potlatch vers 1885; il est maintenant chose courante. Renseignements additionnels (en anglais)


Liens :


Un examen des systèmes de santé autochtones (en anglais) au Canada (article en format PDF dans le Journal de la santé autochtone, 2004)


L'ONSA présente un survol des connaissances traditionnelles en matière de guérison


Dre Janet Smylie a produit des lignes directrices en matière de politique pour l’élaboration de ressources autochtones en matière de santé


La médecine autochtone traditionnelle : quelle est sa place? Une comparaison entre les soins autochtones et la médecine conventionnelle


Site Web de l’American Medical Students Association sur la compétence culturelle (en anglais)


Données fondamentales sur l’état de santé des peuples autochtones au Canada


Les déterminants de l’état de santé des peuples autochtones


Un site Web australien sur la guérison autochtone (en anglais)



http://www.med.uottawa.ca/sim/data/Aboriginal_Medicine_f.htm

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